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La qualité de vie au travail doit devenir un pilier de la Responsabilité Sociale des Entreprises.

La qualité de vie au travail doit devenir un pilier de la Responsabilité Sociale des Entreprises.

Si je vous dis Responsabilité Sociale des Entreprises, vous me répondez quoi ?

Après avoir recherché la définition sur Google, vous me donnerez certainement celle qui est reprise sur le site de E-RSE. Vous m’énoncerez qu’il s’agit de « l’ensemble des pratiques mises en place par les entreprises dans le but de respecter les principes du développement durable : social, environnemental et économique. »

Ensuite, vous penserez probablement à votre propre expérience collaborateur.

Vous vous rappellerez peut-être de la semaine de la RSE qu’avait organisé votre entreprise l’année dernière, et lors de laquelle, le décompte de vos pas avait permis de reverser un beau chèque à une association. Et si vous êtes un peu taquin, vous pourriez même me dire que la RSE vous fait penser au dernier team-building où vous avez aidé à nettoyer les berges de seine avec votre équipe. Parce que cette année-là, il « n’y avait plus de budget ».

Entre nous, je parierai fortement sur le fait que vous m’en parlerez à chaque fois comme un ensemble d’initiatives qui ont été mises en place par votre entreprise pour avoir un impact positif…en dehors de votre entreprise.

La RSE oublie le bien-être des salariés.

Et c’est vraiment dommage. Pourquoi la RSE n’investirait-elle pas davantage dans ses propres enjeux sociaux ? Quand, dans une organisation, il est préférable de travailler chacun pour soi, quand on souffre de ne pas se sentir assez reconnu, qu’on a le sentiment d’être déresponsabilisé ou que l’on n’ose plus s’exprimer librement, on devrait quand même se dire que cela concerne la RSE. Surtout quand on connaît les conséquences du mal-être au travail.

Les maladies mentales (anxiété, dépression, épuisement professionnel) seraient la première cause d’invalidité et le deuxième motif d’arrêt de travail en France. Elles coûteraient directement et indirectement 107 milliards d'euros par an[1]… La pénurie de solidarité et l’augmentation de la solitude dans nos vies professionnelles est réelle et dangereuse. Si la RSE est la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société, pourquoi n’intègre-t-elle pas davantage de moyens pour protéger son capital humain ?

C’est vrai, les entreprises commencent à intégrer ces notions de bien-être au travail, mais on a parfois l’impression de retomber aux premières heures de la RSE. On évite de toucher le fond du problème, puisque cela supposerait de changer nos propres systèmes. Parce que l’on a « toujours fait comme ça », et que l’on doit raisonner avec des KPIs… de plus en plus court termistes. Mais au fond on a conscience de l’urgence. D’ailleurs on n’a jamais autant entendu de stratégies basées sur le « human first ». Et la QVT est même en train de devenir tendance. Comme un air de déjà vu avec l’arrivée de la RSE en entreprise non ?

Après le greenwashing, le happy washing ?

Au fond, est-ce que les baby-foots ne sont pas à la qualité de vie au travail ce que les opérations de récolte de bouchons sont à la RSE ? Des initiatives qui partent d’un bon sentiment mais qui traitent partiellement du problème. Plutôt que de repenser son management hérité d’une autre ère qui désengage les salariés et les fait souffrir, on continue à répondre à ce problème social et sociétal par des chartes de bien-être et des cours de yoga. Le témoignage du collaborateur sourire crispé dans un environnement hype pas toujours représentatif de l’entreprise reprendrait-il la bonne vieille méthode de marketing green consistant à communiquer auprès du public en utilisant l’argument bien-être ?

Ce qui est certains c’est qu’à l’heure du digital, les informations circulent vite. Les entreprises qui ne prendront pas de véritables mesures pour aligner les actes – à savoir leur management et leur organisation - sur leur discours risqueront de perdre la confiance de leurs salariés, de faire fuir leurs talents et d’être discréditées auprès de futures recrues…

À l’occasion de cette 15ème édition de la semaine de la qualité de vie au travail, c’est un « social calling [2]» que nous adressons aux entreprises, à leurs décideurs et aux actionnaires. Pour faire qu’au même titre que la Responsabilité Sociale d’Entreprise, les organisations deviennent également responsables vis-à-vis du bien-être de leurs salariés…sans poudre de perlimpinpin.

Faustine Duriez

 
[1] « Le coût caché de la mauvaise santé mentale des salariés, ce tabou ultime dans l'entreprise » https://www.challenges.fr/emploi/management/bien-etre-au-travail-le-cout-cache-de-la-mauvaise-sante-mentale-des-salaries-ce-tabou-ultime-dans-l-entreprise_505605

[2] En référence au livre « Social Calling » de Émilie Vitaud qui revient sur le mouvement qui rassemble des start-ups à conviction social souhaitant mettre l'efficacité économique au service de l'intérêt général.

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