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"Soft Skills" : un mot(eur) de l'entreprise moderne ?

"Soft Skills" : un mot(eur) de l'entreprise moderne ?

Chez Cocoworker, nous parlons souvent de « soft skills » : la reconnaissance collaborative que nous prônons prend forme directement à travers leurs repérages, leurs identifications, leurs utilisations. Si ce lien est cohérent et pertinent pour nous, nous avons déjà probablement perdus, à ce stade de l’article, tout néophyte venu satisfaire sa curiosité. Sapristi.

Et si nous apportions un peu de clarté ?

Il convient ici de se poser 3 questions :

  1. C’est quoi, déjà, une soft skill ?
  2. À quoi ça sert ?
  3. Est-il nécessaire d’évoluer vers les soft skills dans une entreprise ou une organisation ?

Une soft skill, cela s’oppose par nature à une hard skill. Cette dernière est une compétence dite technique : par exemple, la capacité à maîtriser un logiciel de montage vidéo, ou encore, savoir pianoter sur son tableur Excel les yeux fermés en sirotant un café - nous cherchons toujours le digne représentant de cette dernière catégorie. Par opposition donc, la soft skill relève elle de compétences dites comportementales : savoir communiquer efficacement, savoir travailler en groupe, mettre en œuvre son esprit critique, etc. Et non, savoir pronostiquer à la perfection tous les matchs de la coupe du monde n’est pas encore considéré comme une soft skill, désolé ; mais promis, nous y travaillons.

On peut dire que ces compétences, parfois dites

« humaines », certifient une capacité à évoluer dans un groupe. [...] Mais aussi d’évoluer en respectant les valeurs d’une entreprise, en appréhendant, s’appropriant ses règles.

Plus sérieusement, quelle est l’utilité première de ces soft skills, souvent associés au « savoir-être » ? On peut dire que ces compétences, parfois dites « humaines », certifient une capacité à évoluer dans un groupe. Par exemple, cela permet de travailler efficacement dans des environnements variés, en relation avec des individus d’autres cultures ou d‘autres secteurs professionnels. Mais aussi d’évoluer en respectant les valeurs d’une entreprise, en appréhendant, s’appropriant ses règles.

Parlons justement d’entreprises : est-ce nécessaire pour elles de favoriser le développement des soft skills et d’améliorer leur reconnaissance, de les utiliser pour le recrutement ?

Tout d’abord, cela semble inévitable. Reconnue, défendue, et mise en œuvre par les sphères sociales, économiques et politiques, cette notion de soft skills laisse à penser qu’elle n’est pas un quelconque effet de mode.

De nombreux éléments vont effectivement en ce sens. Par exemple : leur lien à la jeune population. De la Génération Y aux Millenials, ces nouvelles générations nourries au biberon numérique cherchent du sens à leur activité. On parle de rôle dans la société, d’impact - par exemple écologique. Or, selon l’article Le manager à l’heure des soft skills : Grand Manitou ou Bisounours ? du site Panorhama, qui s’appuie sur les réflexions d’un club des professionnels du développement RH (Meltis, Cabinet Conseil en Management), ces jeunes bouleversent les codes établis, notamment en management : exit les relations hiérarchiques et les ordres trop carrés, place aux relations humaines, à la pédagogie et à la facilitation entre collègues. Toujours selon le site, « la personnalité est depuis longtemps maintenant un facteur prépondérant dans la recherche, la sélection, l’intégration et l’évolution d’un collaborateur. Il est cité par 82% des recruteurs comme étant très important, contre 74% pour les compétences et 60% pour l’expérience » !

Autrement dit, les soft skills sont portées par les travailleurs d’aujourd’hui et de demain. Dans ce cadre, l’entreprise doit représenter un espace où le bien-être n’est pas un objectif secondaire, un espace où ses employés travaillent de concert, avec motivation et plaisir. Nous pouvons également souligner leur importance dans un contexte où les innovations se succèdent à un rythme effréné : alors que les compétences techniques ont la même durée de vie qu’un smartphone, les « compétences humaines », comme la capacité d’adaptation, semblent s’inscrire plus durablement dans le temps. Ne serait-ce que pour se former à de nouvelles technologies !

Si c’est nécessaire que l’entreprise se mette à la page du 21ème siècle et compose avec les soft skills pour être en phase avec le monde de demain, cela ne veut pas dire qu’elle ne peut en tirer de grands avantages. Au contraire, c’est source de nombreuses opportunités !

Ainsi, les soft skills sont notamment louées car elles permettent d’affronter des situations réelles, imprévues, des crises. Recruter un jeune diplômé pour ses compétences comportementales autant que pour ses compétences techniques, c’est recruter un élément moteur, humain, capable de travailler avec les autres, et de gérer les obstacles qu’il rencontrera. Selon Christelle Pradier, directrice du recrutement France chez Sopra Steria : « on connaît la valeur d’un diplôme, on sait ce qu’un jeune diplômé peut apporter à l’entreprise. Ce qui fera la différence, ce sont les soft skills, ce savoir-être. Il faut des valeurs humaines pour faire réussir un projet ! ». Elle est d’ailleurs citée par le Monde Economie dans son article L’interdisciplinarité pour plus d’efficacité. Un article qui souligne l’importance de l’agilité dans les entreprises d’aujourd’hui, et de leurs équipes multisectorielles. Un genre d’équipe où John l’ingénieur et Pat le business developer s’échangent calmement leurs points de vue et leur expertise, sans que stylos et gobelets de café traversent la salle de réunion. Une entreprise, enfin, qui reconnaît la valeur humaine et personnelle de ses employés.

C’est l’opportunité pour l’entreprise de replacer l’humain au centre de son ADN, de mettre en avant le bien-être au travail, [...] « de changer d’état d’esprit et de pouvoir envisager que le développement de soi est possible tout au long de la vie ».

Autrement dit, c’est l’opportunité pour l’entreprise de replacer l’humain au centre de son ADN, de mettre en avant le bien-être au travail, ce qui peut même améliorer sa productivité. C’est également, pour reprendre les mots de Panorhama, l’occasion de « passer du skill-burn au growth-mindset : l’opportunité de développer ses soft skills permet également de changer d’état d’esprit et de pouvoir envisager que le développement de soi est possible tout au long de la vie ». Enfin, c’est l’opportunité de valoriser tous ces éléments en interne ! La sphère RH pourra organiser ces softs skills, les développer, voire même former ses employés ; et créer une identité d’entreprise forte, moderne, agile, moins à la merci de la fuite des talents.

Victor de Cocoworker

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