Management
25 juin 2020 4

Comment créer et faire durer la culture de la bienveillance

#Soft skills

Retour sur le webinar du 25 juin, avec Gregory Duhamel, Directeur Général chez April España Servicios, et Faustine Duriez, fondatrice de Cocoworker, sur la culture de la bienveillance. 

Au cours du webinar, nous avons interrogé les participants sur leurs expériences personnelles et leur ressenti sur ce sujet. 

Sommaire

  • L’entreprise a intérêt d’investir dans le bien-être de ses salariés
  • Ancrer une culture de la bienveillance au sein de son entreprise
    • Vers un management participatif
    • Être à l’écoute
    • Valoriser les collaborateurs
    • Un constat positif

Une étude a révélé que les Français considèrent à 35% que la mission de l’entreprise est avant tout de “servir ses clients”, 34% de “faire du profit” et une minorité, 12%, répondent “rendre le monde meilleur”. 

Peu de place pour la bienveillance donc. Et pourtant une entreprise tire beaucoup de bénéfices d’une culture de la bienveillance : une bonne collaboration dans les équipes, leur engagement, leur performance et son attractivité.

D’ailleurs, d’après l’enquête réalisée par Cadremploi et Ifop en 2019, 42% des cadres mettent “la bonne ambiance” comme facteur qui les pousse à changer de travail. 

On constate également que les salariés expriment une grande demande inassouvie de bonheur, de reconnaissance, d’implication et de sens. La bienveillance est donc au coeur des attentes des équipes.

Sondage réalisé auprès des participants au webinar.

Pour Gregory Duhamel, la bienveillance en entreprise, c’est l’art de s’intéresser au bien-être des autres de façon intéressée. 

Pourquoi l’entreprise a intérêt d’investir dans le bien-être de ses salariés ? 

Sondage réalisé auprès des participants au webinar.

D’après l’étude menée par Harvard et le MIT en 2018,  les salariés heureux sont 31% plus productifs et 55% plus créatifs. Une méta-analyse de 42 études a également démontré une réduction de 25% des arrêts maladie et de l’absentéisme. 
Au delà d’un point de vue économique, il y a également un aspect d’employabilité des salariés. S’intéresser à la bienveillance dans son entreprise, c’est aussi développer la sensibilité, l’intelligence émotionnelle, l’écoute, l’empathie dans l’organisation. ces soft skills sont indispensables pour le salarié, aussi bien dans sa relation avec les clients, qu’avec ses collègues.

“Il faut aussi se poser la question : voulons-nous des robots ou des êtres humains capables d’amener chaque équipe au plus haut ?” – Gregory Duhamel 

Comment ancrer une culture de la bienveillance au sein de son entreprise ? 

Pour cultiver la bienveillance en entreprise, il est essentiel qu’elle fasse partie intégrante de tous les processus et réflexions. Et ce, même au niveau du COMEX. 

Vers un management participatif

Libérer la parole dans l’entreprise et impliquer les collaborateurs est tout d’abord le moyen de prendre de meilleures décisions grâce à l’intelligence collective. Et pour que cela fonctionne il est essentiel de s’ouvrir à de nouvelles idées, de rester à l’écoute, mais aussi d’accepter partager du pouvoir. Ces démarches participatives sont d’autant plus importantes qu’elles rejoignent des attentes fortes. Les collaborateurs, et plus particulièrement les jeunes générations, ont besoin de se sentir impliqués dans un projet pour se sentir motivés. 

C’est ce qui a amené Gregory Duhamel à mettre en place, chez April España Servicios, des “tribus” : des groupes de collaborateurs se réunissant 1h par semaine pour proposer 3 idées/actions à court ou moyen terme, sur des sujets qui leur tiennent à coeur. 

Une autre initiative pour faire participer toutes les équipes à la vie de l’entreprise ? Leur permettre de s’inscrire aux Comités Stratégiques pour prendre part aux discussions clés et proposer leur point de vue. 

Et enfin, parce que les collaborateurs sont les mieux placés pour connaître les besoins de leur équipe et les qualités requises pour effectuer leur métier, ils se chargent du recrutement de leurs pairs et son garants de l’alignement des candidats avec les valeurs de l’entreprise. 

Être à l’écoute

La bienveillance en entreprise passe aussi par le bien être de ses salariés. Il s’agit d’être à l’écoute de leurs besoins, de leurs questionnements mais aussi de leurs critiques, afin de travailler ensemble pour rendre l’entreprise meilleure.

Chez April España Servicios, c’est le rôle du Chief Happiness Officer, rôle clé dans la stratégie d’entreprise. Grâce à son écoute active auprès des collaborateurs, elle rend, tous les mois, un compte rendu anonyme du ressenti global.

Afin de garantir le bien être des salariés, le CHO met en place des cours de méditation, des cours de sport, des conférences sur le bien être, une garderie pour les enfants… Et pour favoriser l’esprit d’équipe, des concours et évènements sont également organisés. 

Enfin, c’est au CHO d’intégrer au mieux les nouveaux collaborateurs dans leurs équipes, de les accompagner dans leur prise de poste et de faire en sorte qu’ils aient bien intégré le fonctionnement de l’entreprise, sa culture et sa stratégie. 

Valoriser les collaborateurs

La bienveillance en entreprise tourne autour de ce que l’on appelle les « soft skills » : empathie, capacité d’écoute, communication… C’est pourquoi il est crucial de les cultiver et surtout, de les valoriser. 

April España Servicios a fait appel à Cocoworker, afin de proposer un dispositif de reconnaissance collaborative à ses salariés. Ainsi, tout le monde dans l’entreprise, peu importe son rôle ou sa position hiérarchique, a la possibilité de valoriser un collègue pour ses qualités humaines. L’avantage de cette transversalité ? Elle multiplie les sources de reconnaissance dans l’entreprise en permettant à chacun de s’exprimer positivement sur ce qui se fait de bien. 

L’entreprise a également créé “April got talent”, qui propose aux talents repérés par la plateforme Cocoworker, des coachings sur des compétences comme la gestion émotionnelle, la communication non verbal…

Un constat positif !

Les salariés sont plus impliqués, plus créatifs et prêts à se donner pour une entreprise qui les respecte et prend soin d’eux (plutôt que pour une entreprise qui se contente de leur faire un virement sur leur compte bancaire). C’est une stratégie donnant / donnant. 

Chez April España Servicios, la mise en place de toutes ses actions a eu des résultats plus que convaincants :

  • source de productivité (qui a même augmentée pendant la crise du Covid)
  • un bon moyen pour attirer et fidéliser les talents 
  • plus de prises d’initiatives et un esprit d’équipe renforcé
  • un faible taux d’absentéisme (27% de moins que le marché) 
  • des collaborateurs plus impliqués dans l’entreprise
  • un turnover de l’ordre de 7% 

Néanmoins, il existe quelques points de vigilance à ne pas sous estimer. En effet, certains collaborateurs ne vont pas être tout de suite en accord avec les changements que l’on veut établir dans l’entreprise. Il faudra donc se laisser le temps de manager le changement pour ne pas se précipiter dans la démarche. 

Comme le dit Gregory, il est important de garder en tête qu’on a le droit à l’erreur. Rome ne s’est pas faite en 5 jours, et les erreurs font partie de la démarche : il s’agit d’essayer de s’adapter en fonction de ce qui fonctionne le mieux. 

Il est important néanmoins d’être sincère, et surtout, de montrer l’exemple. 

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