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La gymnastique mentale de la collaboration en entreprise.

01/05/2019

Review du TED d’Amy Admondson pour comprendre la collaboration efficace. Retrouvez la vidéo en fin d’article. 

 

Steve Jobs disait : « les meilleures choses qui arrivent dans le monde de l’entreprise ne sont pas le résultat du travail d’un seul homme. C’est le travail de toute une équipe. » Mais comment coopérer efficacement en entreprise ? Pour Amy Edmondson, améliorer la collaboration passe par un état d’esprit précis. Et pour l’illustrer, la speakerine prend l’exemple de l’accident minier de Copiapó.

Août 2010 au Chili, 33 employés se retrouvent bloqués à près de 700 mètres de profondeur.  La difficulté est abyssale : aucune technique de forage ne peut percer la roche dure sur une telle distance, et venir secourir les mineurs entassés dans un refuge de fortune. On ignore le nombre de survivants, et même à qui revient la responsabilité du sauvetage. Pourtant, 70 jours plus tard, les 33 employés redécouvrent la lumière du soleil, suite à un travail éblouissant de coopération internationale.

Ce dénouement miraculeux s’explique selon Amy Edmondson par la méthode de cette collaboration. Un procédé qui pourrait être édifiant pour les entreprises, à l’heure où ces dernières se dirigent vers plus de transversalité.

La collaboration prédomine dans ce monde connecté. Nous communiquons avec des personnes du monde entier, instantanément, accédons à une formidable quantité de connaissance en ligne.

Ces innovations ont provoqué un changement de paradigme : nous avons conscience d’enjeux vastes, et différentes professions interagissent d’un bout à l’autre de la planète sur des projets communs. Amy nous dit ainsi : « avec des opérations mondiales au rythme haletant, 24 heures sur 24, avec un emploi du temps insensé et des compétences plus spécialisées que jamais, nous devons travailler avec des gens différents, tout le temps, pour accomplir notre travail ».

Elle prend dans ce TED l’exemple des villes durables. Que ce soit pour transformer Londres, Paris ou Springfield en une entité verte et autonome, des centaines d’acteurs sont nécessaires. Architectes, autorités locales, juristes, ingénieurs, ouvriers… ils doivent tous coopérer et s’aligner sur un même objectif. Pour Amy, c’est l’une des preuves que « nous nous dirigeons vers la formation de grandes équipes. Vers une collaboration à grande échelle. »

Or, une équipe sportive collabore parfaitement selon Amy Edmondson : un groupe stable, interdépendant, dont les membres partagent le même but, gagner. Cependant, si une équipe sportive dépend « seulement » d’entraînements et de stabilité, une entreprise rencontre bien plus de difficultés. Certains employés n’ont pas la même définition de la victoire, et d’autres préfèrent peut-être le maillot de l’équipe d’en face. Finalement, cela ressemble davantage à « une équipe de basketball improvisée au parc ». Et le « teaming » optimal, c’est de faire en sorte que cette collaboration donne le tournis à Michael Jordan.

Comment ? L’un des points clés que l’entreprise met aujourd’hui dans son panier est le décloisonnement : elles visent l’horizontalité, cherchent à « casser les silos », comme nous dit Cyrille Roy. Pour ce dernier, cela ne se fait pas facilement : « pour y parvenir, il convient que chaque membre du collectif cultive certaines valeurs comme : s’aligner sur l’objectif commun de gagner ; être au service du groupe et faire « vivre le ballon » ; se remettre en cause individuellement et collectivement ; être solidaire pour célébrer les efforts accomplis. »

Il est certain que maîtriser le décloisonnement amène plus d’interactions entre les métiers et donc un regard plus précis et réactif. Un webmaster qui connaît mieux le travail et les objectifs d’un responsable marketing prendra des décisions plus pertinentes pour son produit et l’entreprise. Les collaborateurs et l’organisation doivent être alignés, pour incarner une identité d’entreprise forte – par exemple à travers un management par les valeurs.

 

Après avoir suivi 7 ans une startup qui tentait de collaborer avec d’autres acteurs pour réaliser une démo de smart city, Amy Edmondson n’a vu aucune avancée : un « conflit entre cultures professionnelles » (Culture Clash) en aurait fait voir des vertes et des pas mûres à la jeune startup. Car les valeurs, les jargons et les emplois du temps, tous différents, empêchaient les parties de parvenir à des accords.

Mais alors, pourquoi le sauvetage minier a-t-il été une réussite ? Pour Amy, les acteurs mobilisés autour de cette catastrophe ont été « humbles devant un défi très réel », mais aussi curieux d’entendre l’expertise et les idées des autres. Et ils étaient prêts à « prendre des risques pour vite savoir ce qui fonctionnerait ». Ceci a créé une profusion d’idées et une ouverture aux autres : André Sougarret, talentueux ingénieur des mines, échangeait avec la NASA, les forces spéciales chiliennes et des volontaires du monde entier. En 70 jours, une légère incision dans la roche est devenue un passage pour les vivres, puis un passage d’extraction pour les mineurs.

Cette « humilité situationnelle » est déterminante. C’est reconnaître sans peur que : « je ne sais pas comment faire ». Combinée à la curiosité de tous, cette humilité a créé une « sécurité psychologique qui permet de prendre des risques avec des inconnus », cruciale pour demander de l’aide et transmettre ses idées. Cette posture n’est pas innée : « c’est difficile d’apprendre si vous connaissez déjà ; et nous pensons souvent que nous savons. »

 

Pour conclure, Amy cite Abraham Lincoln : « Je n’aime pas trop cet homme, je dois mieux apprendre à le connaître. » Pour elle, l’application en entreprise de la collaboration et du leadership est claire : « à quelle vitesse pouvez-vous trouver les talents de votre voisin ? À quelle vitesse pouvez-vous communiquer à l’autre ce que vous apportez ? ». C’est cet état d’esprit qui peut permettre de réaliser des miracles, ensemble.  Se connaître soi-même et connaître les autres, leurs talents, c’est une garantie de mieux communiquer avec les autres. Nous pouvons parler d’intelligence émotionnelle, théorisée et défendue par Daniel Goleman. Travailler ensemble, c’est peut-être travailler en bonne intelligence (émotionnelle). Une compétence qui peut être développée : avec la plateforme Cocoworker et l’envoi de kiffs, on apprend à connaître les points forts de ses collègues, à les valoriser, à découvrir les siens. Un aspect de plus en plus déterminant pour fonctionner de façon transversale et collaborer, face aux enjeux d’aujourd’hui et demain.

Nous vous souhaitons une excellente fête du travail !

 

Victor de Cocoworker

 


Le TED d’Amy Edmondson :