Culture d'entrepriseDéveloppement professionnelManagementOrganisation

Les neurosciences pour comprendre les « cerveaux » et former des « coeurs »

06/02/2019

Avez-vous déjà entendu parler des neurosciences ? Vous savez, « l’ensemble des disciplines étudiant le système nerveux » (Le Larousse). Autrement dit, toutes les disciplines scientifiques commençant par neuro (neurologie, neuropsychologie, neurobiologie… Non, cela ne comprend pas l’étude des « Neurovingiens » ou du « Neurovision »).

Comme beaucoup de disciplines, les neurosciences ne sont pas figées et évoluent avec leur temps, au fur et à mesure des découvertes et des théories. Hier encore, elles « boudaient » les émotions : « un héritage culturel malheureux a longtemps scindé la cognition et l’émotion, le cerveau et l’esprit. Les émotions, confinées au domaine de la psychologie et des maladies mentales, ont été clivées des sciences neurologiques » (Françoise Lotstra, Le cerveau émotionnel ou la neuroanatomie des émotions). Aujourd’hui, le discours est différent : le lien entre émotions et cerveau a été prouvé – il est même considéré que chaque émotion est spécifiquement associée à un circuit neuronal.

Un parallèle peut être fait avec le monde professionnel, qui a lui aussi longtemps mis de côté les émotions, du taylorisme au fordisme, en faisant une séparation d’une précision chirurgicale entre le travail « mécanique » et le sentiment – alors perçu comme un obstacle à la productivité et à la performance. Aujourd’hui l’émotion est vue de façon bien plus bienveillante, car elle nourrit la créativité, le travail en équipe, la motivation ; on parle même d’intelligence émotionnelle ! De plus, on cesse même progressivement d’opposer raison et émotion, en préférant les traiter comme un ensemble.

Et alors que bien-être et épanouissement personnel sont considérés comme des moteurs dans un travail moderne plus transversal (par leur impact sur la performance et la collaboration notamment), les neurosciences nous apportent justement des explications supplémentaires sur ces phénomènes. Au point de potentiellement redessiner les relations hiérarchiques, comme nous le montre l’article de Laure Girardot sur MyHappyJob5 clés pour manager grâce aux neurosciences : « le neuromanagement pose les bases d’une nouvelle relation manager-managé en agissant sur la motivation, le bien-être et l’innovation. »

Prenons la reconnaissance par exemple : elle « active les circuits neurologiques de la récompense sur lesquels repose la motivation, mais aussi la confiance et la cohésion sociale. » Autrement dit, se sentir reconnu c’est potentiellement améliorer son engagement, faire plus facilement ou mieux confiance, faire corps avec son équipe, être plus attentif aux autres… des qualités essentielles pour évoluer dans un groupe professionnel transversal.

De même, le Greater Good Science Center de Berkeley a prouvé que la gratitude (une forme de reconnaissance) avait des effets directement sur le cerveau, sur le long terme : les candidats de l’étude avec un haut taux de gratitude avaient une plus grande activité neurologique dans le cortex préfrontal médian, zone associée à l’apprentissage et à la prise de décision. Ainsi, les neurosciences laissent entrevoir l’impact des émotions positives sur le travail d’un individu, mais aussi sur l’individu lui-même.

Et favoriser leur expression pourrait être un bon moyen de retenir les « cerveaux » dans son entreprise. Ainsi, l’enquête en ligne du cabinet de recrutement et intérim Page Personnel (et relayé par ParlonsRH ici) réalisée en 2018 auprès de 1 148 individus met en avant la statistique suivante : Pour 91% des consultés, la reconnaissance du travail accompli est un critère essentiel du job idéal.

infographie de Page Personnel, dans « Anatomie du job idéal : de quoi les talents ont-ils envie ? » sur ParlonsRH.

Les neurosciences apportent donc un éclairage bienvenu sur des mécanismes cérébraux et émotionnels qui façonnent le travail et le travailleur modernes. Ces sciences confèrent une assise supplémentaire aux innovations managériales qui cherchent à replacer l’humain au centre, et à le faire grandir dans l’espace professionnel – tout en soulignant une fois encore le potentiel de la reconnaissance, aussi demandée que puissante.

Pour retenir les « cerveaux » dans ses entreprises, il devient très important de pouvoir les comprendre et de les faire collaborer. D’ailleurs, au risque de ne plus savoir où donner de la tête et de susciter le courroux des experts en anatomie, ne faudrait-il pas maintenant parler de « cœurs » plus de que de « cerveaux » ? Pour Jean-Marc Vittori, éditoraliste pour LesEchos, « les cœurs » sont les travailleurs de demain, et il cite Dov Seidman en ce sens : « nous sommes passés d’une économie industrielle – où on embauchait des bras – à une économie de la connaissance – où on embauchait des têtes – et maintenant une économie humaine – où on embauche des cœurs. » Pour Jean-Marc Vittori, « place à l’écoute et à l’attention, à l’empathie, à l’envie et à la volonté d’aller vers l’autre, de coopérer avec lui. »

Dans cette nouvelle étape de l’économie, les as, ceux qui brilleraient, seraient alors ceux capables de développer une intelligence émotionnelle poussée : le psychologue et spécialiste de l’intelligence émotionnelle « Daniel Goleman explique que les leaders qui réussissent ont un fort niveau d’IE incluant la connaissance de soi, l’empathie et les capacités sociales ». (5 clés pour manager grâce aux neurosciences).

Et si l’on commençait dès aujourd’hui à former des cœurs grâce à l’intelligence émotionnelle et collective ? Chez Cocoworker, notre mission est justement de reconnaître l’humain dans les organisations. Comment ? Avec notre plateforme digitale Kiff, les salariés peuvent reconnaître les soft-skills de leurs pairs, de façon collaborative. Avec deux objectifs : aider chacun à se développer, et améliorer l’intelligence émotionnelle collective.

Victor de Cocoworker